La vie du Club

Lors de leurs rencontres, les membres et le comité ont réfléchi et échangé sur des sujets stratégiques liés à leurs fonctions dirigeantes.

Le Chêne ou le roseau

La fonction RH est indiscutablement une fonction de gestion. C’est une question qui ne fait pas débat lorsque l’on considère qu’entre 30 et 60% – voire au-delà – du budget d’une organisation est entre les mains de la ou du DRH. Dès lors, la rigueur s’impose. Ainsi, des processus clairs, des procédures parfaitement documentées, des règles de gestion fermes, des calendriers inflexibles ou même des cahiers des charges formellement circonscrits sont hautement conseillés pour permettre un fonctionnement pérenne des RH, en accord avec les lois et les normes qui les encadrent.


Mais la fonction RH est également et viscéralement une fonction de relations. Elle s’attache à faire vivre le bien-travailler-ensemble, elle facilite le lien social dans l’entreprise, est garante des valeurs de l’organisation, promeut la collaboration, veille aux bonnes pratiques managériales. Il apparait alors comme évident que du côté des relations humaines il est préférable d’adopter un cadre moins rigide et de privilégier la souplesse. L’équilibre social est bien précaire et il appartient au DRH de jouer d’agilité pour le maintenir.


Les DRH n’en sont pas à une dualité de plus me direz-vous, pourtant celle-ci porte en elle de nombreuses questions et probablement autant de réponses à chacune d’elle qu’il y a d’organisations.


Prenons un exemple concret, pragmatique, simple dont la cause est totalement exogène à l’entreprise. Nous venons de traverser un épisode de canicule, phénomène qui va augmenter en intensité et en fréquence dans l’avenir. Donc il fait chaud, très chaud, les transports sont perturbés, comment va-t-on gérer les retards ou absences, quelle tolérance sans ouvrir une brèche ? L’air dans les bureaux qui n’ont pas la chance d’être climatisés est suffocant, continue-t-on à s’accrocher au dress code, vitrine de la culture d’entreprise ? Les écoles et les garderies ferment, sommes-nous prêts pour le télétravail sans prendre le risque d’affecter le modèle managérial existant ? Le niveau d’énergie des personnes diminue sensiblement durant les heures les plus chaudes de la journée, l’entreprise est-elle assez flexible pour redéfinir provisoirement de nouveaux horaires de travail ?


On voit bien ici que pléthore d’interrogations émergent dès qu’un élément extérieur vient fragiliser l’équilibre en mettant dos à dos la nécessité de cadres et les impératifs de flexibilité. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi les innombrables autres événements qui pourraient bousculer nos organisations. Nous traversons une ère économique, politique et technologique d’une effervescence fascinante et exceptionnelle qui s’accompagne également de profondes incertitudes et d’une très faible lisibilité de l’avenir. Souvent dans ces conditions, la tentation est grande de s’enraciner plus profondément pour résister au vent mauvais, avec le risque de l’immobilisme. Ou, à l’inverse de larguer les amarres et se laisser porter par les alizés, au risque de devenir un bateau ivre.


Qui, du cadre ou de la souplesse, du chêne ou du roseau privilégier dans un monde incertain ? Et vous, quel DRH êtes-vous ? Le chêne ET le roseau…peut-être ?


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